Derrière ces troubles rencontrés par de nombreux enfants, il y a souvent plusieurs réflexes archaïques non intégrés, dont notamment le Réflexe Tonique Symétrique du Cou (RTSC). Selon une étude de Miriam Bender, 75% des enfants ayant des troubles de l’apprentissage et/ou TDAH ont un RTSC qui n’est pas totalement intégré et qui contribue à ce trouble. Et c’est sans compter les autres réflexes archaïques non intégrés (comme notamment le Réflexe Tonique Asymétrique du Cou -RTAC- que j’aborderai dans un autre article) qui peuvent être également présents et jouer un rôle important.

Qu’est-ce que le Réflexe Tonique Symétrique du Cou (RTSC) ?

Le RTSC est un réflexe de transition qui apparaît entre le 6e et le 9e mois de vie et dont le rôle est de préparer bébé à marcher à 4 pattes.

Ce réflexe est un mouvement automatique qui met en opposition le haut et le bas du corps : lorsque le haut s’étend, le bas fléchit et vice versa. Lorsque ce réflexe est actif, la moitié inférieure fait donc automatiquement le contraire de ce que fait la moitié supérieure.

C’est un réflexe essentiel pour la suite car il stimule l’organisation et la dissociation des mouvements entre le haut et le bas du corps. Il a un impact capital sur le développement d’une bonne posture, de l’équilibre, de la coordination et pour l’entraînement visuel.

Le bébé intègre ce réflexe naturellement en appuyant, à répétition, ses fesses sur ses talons. On peut en voir une très belle démonstration dans la vidéo ci-après : 

C’est ce mouvement en rythme qu’il va faire à plusieurs reprises pour se donner l’élan pour finalement s’élancer à 4 pattes. Le RTSC doit normalement être intégré à 2 ans.

 

Qu’est-ce qui fait que le RTSC ne s’intègre pas chez certains enfants ?

Dans la non-intégration du RTSC, on évoque souvent le rôle du 4 pattes chez le bébé. Car les mouvements croisés du 4 pattes activent les deux hémisphères cérébrales permettant ainsi d’intensifier les fonctions cognitives et préparer la capacité d’apprentissage.

Beaucoup de parents m’évoquent en consultation qu’ils ne comprennent pas, que leur enfant a bien fait du 4 pattes et que donc tout devrait être ok. Mais d’abord il faut distinguer ce qu’est un vrai quatre pattes (c’est-à-dire avec mouvements croisés) d’un semi quatre pattes , comme par exemple le 3 pattes que l’on peut le voir dans la vidéo suivante :

D’autres bébés avancent sur les fesses ou avancent bien à 4 pattes mais en mouvement homolatéral, c’est-à-dire que les mouvements ne sont pas croisés.

Or pour que le RTSC puisse s’intégrer, il est essentiel que bébé soit passé par un vrai quatre pattes, et deuxième condition, qu’il y soit resté au moins 6 mois. C’est dire l’importance de cette phase. Or bien souvent ces parents qui sont intrigués par le fait que leur enfant ait un RTSC actif alors qu’il a bien fait du 4 pattes, me disent que leur enfant a marché très tôt et donc a écourté cette phase si importante.  Il n’a donc pas bénéficié suffisamment de tous les effets positifs de cette phase. Le but ici n’est bien sûr pas de se culpabiliser mais juste d’identifier ce qui a pu se passer.

 

Indices que l’on peut observer chez des enfants qui ont un RTSC non intégré

Lorsque ce réflexe n’a pas été intégré, le haut et le bas du corps de l’enfant ne sont pas dissociés. S’ensuivent des mouvements ou des comportements parasites, indépendants du bon vouloir de l’enfant car il faut rappeler, on se situe bien à un niveau réflexe et non à un niveau de comportement contrôlable.

A noter aussi que ce sont souvent des enfants que l’on gronde pour leur mauvaise posture ou pour le fait qu’ils se tortillent constamment. Or l’enfant n’a pas de contrôle sur ces mouvements puisqu’ils sont automatiques. Le besoin qu’il a de bouger, de se lever, de se dégourdir le haut et le bas du corps part du besoin de chasser ces tensions. En outre, ces enfants doivent souvent fournir dix fois plus d’efforts et atteignent rarement leurs objectifs avec facilité. Couplé au fait qu’ils se font constamment réprimander, on obtient chez ces enfants une estime de soi très faible et un défaitisme difficile à surmonter.

Voici quelques-uns de ces comportements parasites que l’on rencontre chez ces enfants :

  • Dans sa manière de s’asseoir et de bouger : se lève constamment et change de position; difficulté à rester en place; se tortille; gigote beaucoup; s’affaisse; enroule ses pieds autour des pieds de sa chaise; s’allonge pour travailler; travaille avec une posture avachie ou voutée; faible tonus musculaire; s’assied en W.
  • Dans sa manière d’écrire : écriture brouillon; écrit très petit ou très grand; écrit lentement; casse souvent la pointe de son crayon; préfère écrire debout; gigote en écrivant; a du mal à recopier ce qui est au tableau.
  • Dans son sens de l’orientation : a du mal à distinguer sa droite de sa gauche; besoin d’aide (par exemple un repère ou plus de temps) pour distinguer sa droite de sa gauche.
  • Dans sa coordination : tendance à la maladresse; au manque de coordination; difficulté à sauter; marcher; courir; attraper; évite certains sports et notamment les sports de ballon; mauvaise coordination œil-main.
  • Dans sa manière de gérer ses devoirs : fait ses devoirs à toute vitesse pour être débarrassé ou au contraire prend énormément de temps; évite ou retarde le moment des devoirs; a besoin d’aide constamment pour faire ses devoirs.
  • Dans sa capacité de concentration : a du mal à être attentif et se concentrer sur une tâche; a l’attention qui saute très souvent; rêvasse, facilement distrait; joue avec les objets devant lui.

A noter qu’il n’y a pas besoin que tous ces comportements soient présents pour qu’il y ait bien la présence d’un RSTC encore actif.

 

Comment intégrer le RTSC ?

Par un travail spécifique composé de mouvements qui vont imiter ceux que fait le bébé naturellement, et par pression isométriques. Dans mon cabinet, je combine ce travail en réflexe archaïques avec des mouvements braingym et un travail en kinésiologie.

L’ensemble va avoir de nombreux bénéfices notamment sur la confiance en soi, la stabilité émotionnelle, la posture, l’amélioration de la coordination du haut et du bas du corps, la vision, l’écriture, la concentration et la mémorisation. Ce travail est un véritable cadeau pour l’enfant qui va pouvoir être déparasité de ces mouvements automatiques encore présents et pouvoir retrouver sa pleine capacité à apprendre.

Source: Le réflexe pour la concentration et l’apprentissage – Nancy O’Dell et Patricia Cook – Ed. Ressources Primordiales

Pour plus d’informations sur l’intégration des réflexes archaïques: https://blossomtherapies.ch/reflexes-archaiques/

Pour plus d’informations sur la kinésiologie: https://blossomtherapies.ch/kinesiologie-lausanne-pully-lutry/