Il nous arrive parfois de nous demander pourquoi certaines difficultés reviennent encore et encore dans notre vie.

Pourquoi est-ce que je rencontre toujours le même type de relation ? Pourquoi ai-je tant de mal à poser des limites ? Pourquoi est-ce que je me sens responsable du bonheur des autres ? Pourquoi la réussite me met-elle presque mal à l’aise ? Pourquoi cette peur de manquer alors que, rationnellement, rien ne la justifie ? Pourquoi est-ce que je ressens une culpabilité dont je ne comprends pas vraiment l’origine ?

Nous pouvons avoir beaucoup réfléchi à ces questions. Nous pouvons avoir compris notre fonctionnement, travaillé sur nous-mêmes, identifié certaines blessures de notre enfance… et pourtant sentir qu’à certains endroits, quelque chose continue à nous échapper.

C’est précisément ce qui m’a intéressée lorsque j’ai découvert le regard systémique et les constellations familiales.

Dans mon travail de thérapeute, j’ai toujours cherché à comprendre ce qui se trouve derrière ce qui est visible. En kinésiologie, nous allons écouter ce que le corps exprime. Avec l’hypnose, nous pouvons accéder à des ressources et à des représentations qui échappent parfois au mental. Avec la maïeusthésie, nous allons à la rencontre des parts de nous et de ceux que nous avons été à différents moments de notre histoire.

Les constellations familiales sont venues ajouter une dimension qui me semble particulièrement précieuse : et si, pour comprendre certaines de nos difficultés, nous avions parfois besoin d’élargir le regard au-delà de notre seule histoire personnelle ?

Nous appartenons tous à une histoire qui a commencé avant nous

Nous aimons penser que nous construisons notre vie à partir de nos propres choix. Et bien sûr, nous disposons d’une liberté, d’une personnalité et d’une histoire qui nous sont propres.

Mais aucun de nous n’arrive au monde sur une page blanche.

Nous naissons dans une famille qui existait avant nous. Une famille qui possède son histoire, ses liens, ses séparations, ses deuils, ses réussites, ses échecs, ses valeurs, ses croyances, ses conflits, ses silences et parfois ses secrets.

Nous apprenons très tôt, souvent sans qu’un seul mot soit prononcé, ce qui est possible ou non dans notre famille.

Chez certains, il faut être fort. Chez d’autres, il faut réussir. Ailleurs, il vaut mieux ne pas faire de vagues. Il faut prendre soin des autres. Ne pas montrer sa colère. Ne pas parler de certaines choses. Se débrouiller seul. Ne faire confiance à personne. Rester uni quoi qu’il arrive.

Ces messages peuvent être explicites, mais ils peuvent aussi simplement se transmettre à travers les attitudes, les relations et les modèles auxquels nous sommes exposés.

Et puis il y a parfois des événements importants dans l’histoire familiale : une disparition prématurée, un enfant perdu, une séparation brutale, un exil, une faillite, une guerre, une personne rejetée ou exclue de la famille, un deuil qui n’a jamais vraiment pu être vécu…

Le regard systémique nous invite à nous demander si certaines de ces histoires peuvent encore avoir une résonance dans les générations suivantes, notamment à travers les places, les rôles, les croyances et les façons d’entrer en relation.

Ces fidélités que nous ne voyons pas toujours

Une notion que je trouve particulièrement intéressante dans le travail systémique est celle des loyautés invisibles.

Nous avons tous un besoin profond d’appartenir à notre famille. Lorsque nous sommes enfants, cette appartenance est même essentielle à notre sécurité.

Il peut alors arriver que nous restions, parfois sans en avoir conscience, fidèles à certaines façons d’être ou de vivre de notre système familial.

Une personne peut, par exemple, éprouver beaucoup de difficulté à s’autoriser une vie plus heureuse que celle de ses parents. Une autre peut avoir le sentiment qu’elle doit prendre soin de sa mère ou de son père, comme si leur bien-être dépendait d’elle. Une autre encore peut toujours se placer en retrait, ne pas oser réussir pleinement ou avoir l’impression qu’elle trahit les siens dès qu’elle choisit une vie différente.

Parfois, ces dynamiques sont faciles à relier à notre histoire.

Parfois, beaucoup moins.

Nous savons simplement que « quelque chose » nous retient.

Et c’est souvent là que les constellations familiales deviennent intéressantes.

Qu’est-ce qu’une constellation familiale ?

Une constellation familiale est avant tout une manière de rendre visible une situation autrement.

Lorsque nous sommes pris dans une problématique, nous la regardons généralement depuis l’intérieur. Nous réfléchissons, nous analysons, nous essayons de comprendre. Mais nous restons forcément au centre de notre propre perception.

La constellation propose de sortir, en quelque sorte, la situation de soi pour pouvoir l’observer.

Nous pouvons représenter certains membres de la famille, mais également des éléments plus abstraits liés à la problématique : une émotion, une difficulté, un choix, une ressource ou une part de soi.

La façon dont ces différents éléments sont positionnés et mis en relation permet alors d’explorer la situation sous un angle différent.

C’est l’une des choses qui me touchent particulièrement dans cette approche : on ne cherche pas nécessairement à tout comprendre intellectuellement. On observe ce qui apparaît lorsque le système est représenté devant nous.

Certaines relations deviennent plus visibles. Certaines places semblent soudain prendre sens. Un lien auquel nous n’avions jamais pensé peut émerger. Et parfois, la perception que nous avions d’une situation commence simplement à changer.

« Chacun à sa place »

Cette notion de place est au cœur de nombreuses constellations.

Il arrive par exemple qu’un enfant ait pris très tôt une place qui n’était pas vraiment la sienne.

Il a pu devenir celui qui console sa mère. Celui qui protège son père. Celui qui apaise les conflits. Celui qui ne pose jamais de problème parce qu’il sent que ses parents en ont déjà suffisamment. Celui qui devient fort beaucoup trop tôt.

Bien sûr, l’enfant ne se dit pas consciemment : « Je vais prendre cette place dans ma famille. »

Il s’adapte.

Et cette adaptation peut être profondément intelligente et protectrice à un moment de sa vie.

Mais trente ou quarante ans plus tard, l’adulte peut continuer à fonctionner à partir de cette ancienne place.

Il prend soin de tout le monde avant de penser à lui. Il se sent responsable des émotions des autres. Il n’arrive pas à demander de l’aide. Il culpabilise lorsqu’il dit non. Il cherche constamment à réparer, sauver ou protéger ceux qu’il aime.

La constellation peut alors permettre de représenter symboliquement cette dynamique et d’explorer ce qui se passe lorsque les places se réorganisent.

L’enfant peut redevenir symboliquement l’enfant.

Le parent, le parent.

Et l’adulte que nous sommes aujourd’hui peut commencer à envisager qu’il n’a peut-être plus besoin de porter ce qu’il a porté autrefois.

Regarder notre famille autrement ne signifie pas chercher des coupables

C’est un point qui me paraît essentiel.

Le travail en constellation familiale n’a pas pour objectif de désigner un responsable de nos difficultés.

Il serait tellement facile de regarder notre histoire et de conclure : « Si je suis comme cela aujourd’hui, c’est à cause de ma mère », « à cause de mon père », « à cause de mes grands-parents ».

Ce n’est pas ainsi que j’envisage ce travail.

Nos parents ont eux aussi été des enfants. Ils ont grandi dans une famille, à une époque particulière, avec leurs propres blessures, leurs ressources, leurs croyances et les limites de ce qu’ils avaient eux-mêmes reçu.

Et leurs parents avant eux également.

Élargir le regard permet parfois de passer progressivement de l’accusation à la compréhension.

Cela ne signifie pas minimiser ce qui a été vécu. Reconnaître une blessure reste essentiel. Comprendre l’histoire de quelqu’un ne signifie jamais devoir accepter ce qui nous a fait du mal.

Mais nous pouvons reconnaître ce qui s’est passé tout en cessant, peu à peu, de laisser cette histoire déterminer entièrement notre présent.

« Est-ce que cela m’appartient vraiment ? »

C’est une question que j’aime beaucoup.

Lorsque nous ressentons une peur, une culpabilité, une obligation ou une émotion très forte, nous pouvons nous demander :

Est-ce que cela appartient réellement à ma vie d’aujourd’hui ?

Est-ce que ma réaction est proportionnelle à ce qui se passe maintenant ?

Est-ce que je connais ce sentiment depuis toujours ?

Est-ce que cette peur existe également chez ma mère, mon père ou dans ma famille ?

Est-ce que je reproduis une façon d’être ou une situation que je retrouve dans les générations précédentes ?

Il ne s’agit évidemment pas de conclure que toute difficulté vient de nos ancêtres. Notre fonctionnement est complexe et influencé par de nombreux facteurs. Les constellations familiales ne sont pas un outil permettant d’établir avec certitude l’origine historique d’un symptôme ou d’une émotion.

Je les vois davantage comme un espace d’exploration.

Une manière d’ouvrir une autre porte lorsque les explications habituelles ne suffisent plus.

Pourquoi j’ai choisi d’intégrer les constellations familiales à ma pratique

Ce qui m’a donné envie de me former puis de me certifier en constellations familiales, c’est précisément cette possibilité d’élargir encore le regard.

Depuis des années, j’accompagne des personnes qui viennent me voir avec une difficulté particulière : une émotion qui déborde, une relation compliquée, un manque de confiance, une peur, une difficulté avec leur enfant, une sensation de blocage ou simplement l’impression de reproduire toujours la même chose.

Et mon expérience m’a appris qu’il existe rarement une seule porte d’entrée.

Parfois, le corps nous montre le chemin et la kinésiologie est particulièrement adaptée.

Parfois, nous avons besoin d’aller rencontrer une part plus profonde de nous-mêmes, une expérience ancienne ou une ressource intérieure, et l’hypnose ou la maïeusthésie peuvent nous y aider.

Et parfois, ce qui se présente semble demander que nous reculions encore d’un pas pour regarder non seulement la personne, mais le système auquel elle appartient.

C’est là que les constellations familiales trouvent naturellement leur place dans ma pratique.

Je ne les considère donc pas comme une méthode séparée de tout ce que je fais déjà, mais comme un regard supplémentaire. Un outil qui me permet d’accompagner la personne à partir de ce qui se présente, sans chercher à faire entrer toutes les problématiques dans une seule grille de lecture.

Se libérer ne signifie pas rejeter ceux qui nous ont précédés

Il y a enfin une dimension des constellations que je trouve très belle.

Se différencier de son histoire familiale ne signifie pas rejeter sa famille.

Nous pouvons aimer profondément nos parents et choisir de ne pas vivre comme eux.

Nous pouvons honorer ce qu’ils ont traversé sans devoir le traverser à notre tour.

Nous pouvons reconnaître la souffrance d’une génération sans faire de cette souffrance notre propre destin.

Nous pouvons recevoir ce qui nous a été transmis de précieux — la force, la créativité, la sensibilité, le courage, les valeurs, la capacité d’aimer — tout en choisissant de ne pas continuer certains fonctionnements qui ne nous correspondent plus.

Peut-être est-ce même une autre façon d’honorer notre histoire.

Non pas en la répétant.

Mais en lui permettant d’évoluer à travers nous.

Et parfois, lorsqu’une personne retrouve sa place et s’autorise à vivre un peu plus librement, quelque chose change non seulement dans sa relation avec ceux qui l’ont précédée, mais aussi dans ce qu’elle transmettra à ceux qui viennent après elle.

Pour aller plus loin

Si vous avez l’impression de reproduire certains schémas, de porter une responsabilité qui ne vous appartient pas, de ne pas parvenir à trouver votre juste place dans certaines relations ou si une difficulté actuelle semble faire écho à votre histoire familiale, une constellation peut être une manière intéressante d’explorer ce qui se joue.

Je propose désormais des séances de constellations familiales à Lausanne (Pully), au sein de mon cabinet Blossom Therapies. Selon votre problématique et ce qui émerge au cours de la séance, ce travail peut également être associé aux autres approches que j’utilise, notamment la kinésiologie, l’hypnose et la maïeusthésie.

L’objectif n’est pas de chercher une explication à tout prix, mais de vous offrir un espace pour regarder votre histoire autrement, remettre de la conscience là où certains fonctionnements semblent automatiques et, lorsque cela est possible, retrouver davantage de liberté dans votre vie actuelle.

Blossom Therapies
Avenue de Lavaux 35, 1009 Pully
Prendre rendez-vous : blossomtherapies.ch/prendre-rv